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Les enjeux d’une gestion territorialisée
des risques technologiques - Spécificités françaises et mise en perspective internationale

Séance n°2 : Les outils de l’analyse des risques industriels (1)
De l’étude de dangers à la caractérisation des aléas technologiques : principes généraux, méthodes et débats actuels sur la sécurité industrielle

Vendredi 11 janvier 2008, 10h00 - 16h30
MEEDDAT, Tour Pascal B, Salles A, B, C, niveau -2, Paris La Défense
RER A Grande Arche ou M° ligne 1 Grande Arche de la Défense

 

 

Cycle de séminaires organisé par le PUCA et LATTS / RIVES (2007 – 2008).

Coordination scientifique
J.-P. Galland, ENPC-LATTS (galland@enpc.fr)
E. Martinais, ENTPE-RIVES (martinais@entpe.fr)
Marie-Flore Mattei , PUCA/MEDAD (marie-flore.mattei@equipement.gouv.fr)

Inscription préalable obligatoire à retourner avant le 4 janvier :

- soit par courrier à Jean-Pierre Galland, ENPC-LATTS, 6 et 8 avenue Blaise Pascal,
  Cité Descartes, F.77455 Marne la Vallée cedex 2 ;
- soit par mel à : galland@enpc.fr

- les actes de la séance 7 (document PDF - 2882 Ko)
- les actes de la séance 6 (document PDF - 2000 Ko)
- les actes de la séance 5 (document PDF - 696 Ko)
- les actes de la séance 4 (document PDF - 1220 Ko)
- les actes de la séance 3 (document PDF - 3200 Ko)
- les actes de la séance 2 (document PDF - 979 Ko)
- les actes de la séance 1 (document PDF - 1358 Ko)

- liste des inscrits (document PDF - 40 Ko)
- bulletin d'inscription à retourner avant le 4 janvier (document Word - 53 Ko)
- programme de la séance 2 (document PDF - 183 Ko)

Présentation du cycle de séminaires

Le contexte
Des administrations déconcentrées plus fortement impliquées dans la prévention des risques industriels

En France, la première phase de décentralisation engagée dans les années 1980 et l’influence grandissante de l’Europe ont conduit à un recentrement de l’État sur ses missions fondamentales, dont la prévention des risques et la gestion des crises. Au niveau national comme au niveau local, les représentants de l’État restent en effet garants de la sécurité des populations vis-à-vis des dangers les plus divers et à ce titre, conservent nombre des missions régaliennes correspondantes. A l’instar de plusieurs autres administrations étatiques, l’ex-ministère de l'équipement est ainsi devenu ces dernières années le principal acteur public de la prévention d’une large palette de risques, ses services déconcentrés assurant le relais sur le terrain de diverses politiques sectorielles de portée nationale (risques naturels et sécurité routière notamment). En raison de leur forte implantation territoriale, les directions régionales et départementales de l’équipement (DRE et DDE) ont même vu leurs attributions en ces domaines se multiplier, en réponse aux nombreuses réformes législatives qui, depuis une vingtaine d’années, accompagnent la montée en puissance des préoccupations sécuritaires dans la société française.

Plus récemment, en lien cette fois avec la deuxième phase de décentralisation, la réforme de l’administration départementales de l’État (RADE) et la mise en œuvre de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), la prévention des risques a été identifiée comme un axe stratégique de la réorganisation du ministère de l’équipement et l’un des “ quatre piliers ” sur lesquels devront reposer les interventions des D(R)DE de demain. Cette orientation programmatique profite par ailleurs du vote de la loi “ Bachelot ” du 30 juillet 2003, avec la création de nouvelles missions pour les D(R)DE, concernant les risques industriels et plus particulièrement, l’élaboration et la mise en œuvre des plans de prévention des risques technologiques (PPRT). La responsabilité du programme LOLF correspondant (ainsi que celui relatif aux risques naturels d’ailleurs) s’est certes vue confier au ministère de l’écologie et du développement durable, mais sa réalisation au niveau local s’appuie pour partie sur les DDE, désignées comme services instructeurs aux côtés des DRIRE. Il est également prévu que les agents de l’équipement aient en charge de veiller à l’application de ces plans et d’accompagner les collectivités locales, s’agissant notamment des mesures d’urbanisme qu’ils contiendraient (expropriation, délaissement, prescriptions sur le foncier bâti, etc.).

La “ fusion ” toute récente du déjà ancien ministère des transports, de l’équipement, du tourisme et de la mer, avec le ministère de l’écologie et du développement durable, suite aux élections présidentielles de mai 2007, en un ministère de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables, confortera sans aucun doute cette évolution des missions des D(R)DE au cours des prochaines années.
Le présent séminaire, portant sur la gestion territorialisée des risques technologiques, s’inscrit donc dans le contexte d’une montée en puissance progressive et rapide des services déconcentrés du nouveau ministère de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables sur ces questions. Pour autant, il serait très réducteur de ne s’intéresser qu’à cette seule conséquence des récentes dispositions réglementaires françaises. L’enjeu du séminaire est plutôt d’examiner dans toutes leurs dimensions et dans toutes leurs interactions les multiples innovations découlant des récentes évolutions en matière de prise en compte des risques technologiques (évolutions aussi bien méthodologiques, techniques, économiques, que sociales), tout en essayant de “ prendre du champ ” par rapport au “ vieux problème ” des rapports entre l’industrie et le territoire, notamment par le moyen de comparaisons internationales.

Problématique
Évolutions des pratiques gestionnaires et besoins de connaissances

En réponse à l’émotion et à l’importante mobilisation suscitées par la catastrophe AZF de Toulouse (2001), la loi “ Bachelot ” de 2003 et ses décrets d’application (2005) innovent sur au moins quatre points par rapport aux dispositifs de prévention en vigueur jusque-là :

- à l’instar des risques naturels, le nouveau cadre réglementaire impose tout d’abord une conception du
  risque industriel en termes d’aléas (technologiques) et de vulnérabilités (territoriales), ce qui nécessite
  d’identifier précisément les “ enjeux ” locaux et leur sensibilité aux aléas préalablement à la mise en
  règlement du PPRT ;
- elle innove en ce sens que les dispositions susceptibles d’être retenues pour réduire la vulnérabilité de
  ces “ enjeux ” ne portent plus uniquement sur l’urbanisation future des territoires menacés, mais
  également sur l’urbanisation existante ;
- elle impose que ces dispositions (expropriation et délaissement) soient financées et mises en œuvre
  dans le cadre de partenariats locaux originaux impliquant au cas par cas l’Etat, l’industriel et la collectivité
  locale concernés, l’intérêt de telle ou telle action sur l’habitat “ vulnérable ” devant au préalable être mis en
  regard d’une solution de réduction du risque “ à la source ” dans l’entreprise à l’origine du PPRT ;
- enfin elle souligne la nécessité de la participation d’un ensemble plus ou moins large d’acteurs locaux
  au travail de production de la règle de droit, dans le cadre d’une procédure d’élaboration conçue comme
  démocratique et transparente.

Finalement, dans le cadre du PPRT, la prévention des risques industriels concourt à l’élaboration d’un “ projet de territoire ”, qui implique les services de l’État et à la mise en forme duquel sont formellement associés nombre de partenaires locaux (industriels, collectivités locales, associations, riverains, salariés des entreprises et syndicats). Ainsi l’insertion des D(R)DE dans ce nouveau dispositif va-t-elle de pair avec la reconnaissance de nouveaux interlocuteurs pour ses agents, ainsi qu’une ouverture sur des univers professionnels, des savoirs (techniques, réglementaires, économiques, etc.) et des formes d’intervention adaptées.
Les quatre principales innovations de la loi Bachelot résumées ci-dessus sont donc de nature à susciter, s’agissant de leur mise en œuvre, à la fois des besoins en connaissances nouvelles et une certaine inflexion des pratiques des multiples acteurs désormais concernés par la question des risques industriels.

- Au chapitre des connaissances nouvelles, ou en tout cas de la nécessité de certains
  approfondissements, on citera en particulier la question des “ enjeux ” et “ vulnérabilités ” des territoires
  concernés par les PPRT, avec une mention spéciale quant à la possibilité d’une quantification
  économique. Pour être en mesure d’apprécier les avantages et inconvénients d’un choix entre des
  mesures de prévention aussi différentes que “ réduire le risque à la source ” et intervenir d’une manière
  ou d’une autre sur les populations et bâtis exposés, il est d’un côté nécessaire de disposer d’une
  connaissance précise des territoires concernés et de l’autre, de faire le point sur les techniques
  (économiques) visant à fonder une certaine commensurabilité des diverses solutions envisageables.
- Au chapitre de la nécessaire évolution des pratiques des acteurs désormais concernés par la question
  des risques industriels, et s’agissant en particulier de celles des divers représentants de l’État,
  le chantier est là aussi largement ouvert. L’implication organisée des collectivités locales dans les
  partenariats locaux à construire, l’ouverture souhaitée des débats aux représentants des riverains,
  des salariés, aux associations, devraient considérablement élargir la gestion des risques industriels,
  au-delà du périmètre dans lequel elle était jusque là quelque peu confinée. De ce point de vue et sur
  ces questions, les “ experts ” de l’État vont devoir se confronter à des “ profanes ”, aux profils variés et
  aux intérêts éventuellement contradictoires. L’apprentissage récent des agents de l’État à propos de
  sujets pour partie similaires (débats publics sur les infrastructures nouvelles, problème des déchets)
  est-il transposable à une démocratisation locale de la gestion des risques industriels ?
- Enfin, une dernière question mêle inextricablement les deux aspects de la problématique de ce
  séminaire, celle de la nécessité d’une collaboration efficace entre les services des DRIRE et des DDE
  (ainsi que des préfectures). Si la répartition des rôles entre les deux services de l’État est en effet a priori
  claire (aux DRIRE la vérification des études de dangers et quantification des aléas, aux DDE le travail sur
  la vulnérabilité des populations), il n’en demeure pas moins que les principes mêmes des nouveaux
  dispositifs réglementaires supposent et imposent une confrontation des points de vue, une acculturation
  progressive des uns par les autres, et des transferts de connaissances d’un service vers l’autre. La loi
  “ Bachelot ” est également innovante en ce sens qu’elle induit d’autres façons de travailler entre les seuls
  services déconcentrés de l’État.

Objectifs du séminaire
Deux finalités complémentaires

Ce séminaire vise tout d’abord à présenter et à mettre en discussion les divers aspects de la politique de prévention des risques industriels et de sa philosophie, à travers des échanges entre praticiens des D(R)DE et des DRIRE, industriels, représentants des collectivités locales et chercheurs. Il devrait notamment permettre une meilleure compréhension des enjeux, des mutations et des difficultés vis-à-vis de la mise en œuvre des dernières réglementations françaises, en particulier pour la réalisation des PPRT. Sous ce registre, le séminaire se donne pour objectifs de capitaliser au mieux les résultats de la recherche ainsi que certaines “ bonnes pratiques ” et, en même temps, de délimiter avec le plus de précision possible les questions qui restent à ce jour non résolues, ou qui émergent du fait même de l’évolution des procédures, questions qui pourraient le cas échéant donner lieu à des investigations complémentaires.

Ce séminaire est également destiné à une mise en perspective des spécificités françaises sur les questions abordées, dans un contexte international, au moins européen. Par bien des aspects, méthodologiques, au niveau de l’évaluation des risques par exemple, réglementaires avec les directives Seveso, les pays membres de la communauté européenne voient progressivement converger leurs modes respectifs d’appréhension des risques industriels. Simultanément subsistent, se creusent même peut-être parfois, des différences non négligeables dans les manières concrètes avec lesquelles chaque pays affronte le croisement de cette thématique avec celui du développement de ses territoires. Ces différences ne tiennent pas tant au fait que tel ou tel pays serait “ en avance ” ou “ en retard ” par rapport à tel ou tel autre, mais plutôt au fait que certaines spécificités géographiques ou d’histoire institutionnelle – par exemple les rapports entre pouvoir central et pouvoirs locaux sur le temps long – continuent de peser fortement sur la manière spécifique avec laquelle chacun s’organise finalement face à ces questions. Le séminaire sera donc aussi l’occasion de confronter les évolutions françaises avec d’autres expériences européennes et là encore, de mettre en exergue certaines différences mais aussi les “ bonnes pratiques ” susceptibles d’être transposées. Ce détour devrait permettre par ailleurs de revenir in fine sur des interrogations a priori plus communes à l’ensemble des pays européens, notamment quant à l’évolution des fonctions “ régaliennes ” en leur sein, au moment où les modes de gouvernance des risques (industriels et autres d’ailleurs) sont en pleine évolution.

Programme des 7 séances :

Séance 1 : 30 novembre 2007 de 10h-16h30
Les fondamentaux de la prévention des risques industriels :
L’inspection des installations classées, la réglementation française et ses évolutions récentes : quelle place pour les “ nouveaux ” acteurs ?
Séance 2 : 11 janvier 2008 de 10h à 16h30
Les outils de l’analyse des risques industriels (1).
De l’étude de dangers à la caractérisation des aléas technologiques : principes généraux, méthodes et débats actuels sur la sécurité industrielle
Séance 3 : 14 mars 2008 de 10h à 16h30
Les outils de l’analyse des risques industriels (2)
L’étude des vulnérabilités territoriales : état des lieux et perspectives pour le ministère de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables.
Séance 4 : 16 mai 2008
La prévention des risques industriels à l’épreuve de la démocratie locale (1)
Participation, concertation, association et consultation : vers de nouvelles formes d’intervention des agents de l’Etat ?
Séance 5 : 20 juin 2008
La prévention des risques industriels à l’épreuve de la démocratie locale (2)
De la concertation à la décision.
Séance 6 : 1er octobre 2008
La prévention des risques industriels aux prises avec l’économie libérale
L’influence de l’économie, de la Communauté Européenne et du secteur assurantiel : régulations économiques et décisions régaliennes ?
Séance 7 : 16 janvier 2009
Approches comparées des politiques européennes de prévention des risques industriels
Quel avenir pour le modèle de la régulation à la française ?

Renseignements pratiques :

Lieu des séances : MEEDDAT ; Tour pascal B , Salle ABC niv -2, à la Défense
RER A Grande Arche ou M° ligne 1 Grande Arche de la Défense

Inscription : chaque séance fera l’objet d’une inscription préalable obligatoire à retourner

- soit par courrier à Jean-Pierre Galland, ENPC-LATTS, 6 et 8 avenue Blaise Pascal,
  Cité Descartes, F.77455 Marne la Vallée cedex 2 ;
- soit par mel à : galland@enpc.fr

 

 


Contacts :
Marie Flore MATTEI (PUCA) Tél. : 01 40 81 63 70
Jean Pierre GALLAND, ENPC-LATTS

 

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